Voici une nouvelle écrite en 2004.

Pour vous Maîtresse, j’ai glissé la canule entre mes fesses, dans mon anus, et je me suis gonflée d’eau comme une outre. Le liquide chaud, en pénétrant mon corps, a excité mon sexe, comme toujours, et j’ai senti ma vulve se mouiller. Cependant, je suis restée calme, toute à mon activité du moment, ingérer l’eau par le bas de mon corps, et la garder, au-delà de toute douleur, transformer la souffrance en plaisir pour bien former mon réceptacle de soumise, pour bien vous plaire, Maîtresse. Enfin, j’ai couru vider mes boyaux et suis revenue les remplir, répétant le manège jusqu’à être propre comme un sou neuf, propre comme vous voulez que je le sois pour vous recevoir.

Pour vous, Maîtresse, j’ai rempli mon anus, j’ai glissé mon corps sur le dilatateur de gelée bleue, celui que nous avons choisi ensemble, celui que vous m’avez demandé de commenter, celui que vous m’avez fait anticiper, jusqu’à ce que je le réclame, le quémande, jusqu’à ce que je vous supplie de combler mon trou. À mesure que je descendais mes fesses vers lui, l’objet s’insérait en moi comme un corps étranger, mais que j’accueillais avec reconnaissance, comme si mon anus était fait pour le recevoir, pour vous recevoir. À la fin, il a été en moi dans toute sa longueur, dans tout son diamètre, j’ai senti sa présence jusque dans mon ventre. Et je l’ai gardé dans mon corps longtemps, afin de modeler le trou de mon cul à votre convenance, Maîtresse, et qu’ainsi il réponde à vos besoins. Devant vous, Maîtresse, je me trouve maintenant prosternée. Je dois avoir l’air d’un joujou de plastique qu’on aurait gonflé et sur lequel on aurait apposé un bouchon. Le réflexe naturel de mon corps est d’expulser cet objet qui l’envahit, de le chasser, mais la ceinture que vous m’avez faite enfiler le garde bien en place, et conserve la sensation en moi de trop-plein, d’intrusion, d’entrée par effraction. Je sais que vous regardez mon corps avec bienveillance, vous l’avez voulu ainsi, à vos pieds, à son plus humble. Vous aimez me voir ainsi abandonnée devant vous, j’aime me voir ici, là où je suis le mieux au monde. Cette pensée, autant que le plug qui m’habite, a le pouvoir de m’exciter, et je sais que vous voyez mes fluides dégouliner sur mes cuisses, se mêlant aux traces de lubrifiant. Je suis votre objet, votre chose, votre jouet, je vous en prie, redites-moi que je vous plais ainsi offerte, lorsque toutes les possibilités sont ouvertes, vous avez su tout de suite combien je goûte cet instant de flottement entre deux assauts, ce moment où je sais que vous réfléchissez à ce qui viendra, où vous me laissez m’emplir de cette attente honteuse et exquise. Jusqu’à ce que mon corps en tremble. Vous glissez un bâillon dans ma bouche et vous le serrez autour de ma tête. Ensuite, vous me dites de me retourner sur le dos, et je vous obéis, et de relever les genoux et je le fais, et d’écarter les jambes et je les ouvre le plus grand que je le peux, pour vous, ma Maîtresse, pour être votre pute consentante qui vous donne accès à tout mon être. Je suis nue, mais votre regard me déshabille davantage, va jusqu’au fond de moi, me sait mieux que moi-même. Lentement, avec des gestes presque amoureux, vous enroulez la corde autour de mes chevilles, puis autour de mes cuisses, jusqu’à ce que le haut et le bas de mes jambes soient immobilisés l’un contre l’autre, sans que cela me fasse mal, mais sans que je puisse désormais déplier mes jambes. Puis, tout aussi doucement, vous réunissez mes poignets à l’ensemble, de chaque côté de mon corps, et me voilà écartelée sur le tapis, les jambes ouvertes, les bras immobilisés. Vous vous penchez vers moi et vous pincez les lèvres de mon sexe. Je gémis, mais le bâillon étouffe ma voix. Mon sexe est si humide qu’il vous file entre les doigts chaque fois que vous voulez vous en saisir. Vous prenez une serviette et vous asséchez ma vulve, puis, une à une, vous épinglez mes lèvres avec des pinces de bois. Vous en disposez huit au total, ce soir le chiffre sera pair, mon clitoris sera épargné. Les pinces, en mordant la chair, provoquent une petite douleur aiguë qui se résorbe graduellement jusqu’à ne plus être qu’une présence un peu gênante.

Ensuite, vous vous rapprochez de ma poitrine. Vous enroulez une autre corde autour de mes seins menus, serrant plus fort cette fois, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que deux petites sphères perchées au haut de mon corps. D’une main experte, vous saisissez mes mamelons et les pincez cruellement. De nouveau je geins. Vous tirez dessus sans ménagement, comme si j’étais une pâte à modeler entre vos mains, puis vous les aplatissez entre deux pinces. Vous vous redressez et contemplez votre oeuvre. Vous me surplombez, je suis étalée devant vous. Je suis épinglée au sol, comme un insecte rare, comme un travail d’artisanat qu’il vous reste à finir. Avec votre pied, vous jouez un peu avec les pinces qui m’écartèlent le sexe. Je gémis, moins de douleur que d’anticipation. Je sens mon sexe se détremper, mais les pinces restent bien en place. Votre pied descend vers mon anus et pousse légèrement sur le dilatateur. Cette fois, je halète. Vous ne dites toujours rien, mais votre regard m’interroge : Tu veux que je t’encule, petite salope, hein ? Je hoche la tête en réponse à votre question muette. Et toujours votre pied qui travaille l’objet dans mon cul, toujours votre regard posé sur moi qui scrute la moindre de mes réactions, qui assiste à mon avilissement… Puis, votre pied retourne à mon sexe. La pointe de votre botte se glisse entre mes lèvres, entre les pinces, et agace mon clitoris déjà douloureux de désir, s’y attardant, suscitant des attentes qu’elle ne remplira pas. Je soupire, au bord des larmes.

Et puis, Maîtresse, vous continuez de me regarder dans les yeux. Tu veux que je te laisse jouir, petite pute, n’est-ce pas, me disent les traits de votre visage. Je gémis en signe d’assentiment, bombant la poitrine, ouvrant les cuisses plus grand encore dans mes liens. Vous retirez les pinces qui retiennent mes seins et le sang afflue dans mes mamelons. Très vite vous retirez votre culotte et vous vous asseyez à califourchon sur moi, votre sexe se frottant sur mon sein droit, puis sur mon sein gauche, tous les deux rougis comme au fer rouge, tous les deux gonflés à bloc, tous les deux douloureux et sensibles sous vos chairs tendres et humides. Vous utilisez mes seins durcis par la tension des liens pour caresser votre sexe, pour stimuler votre clitoris. Vous enfilez mon sein gauche tout au fond de vos lèvres, sur votre clitoris, et votre bassin se met à faire des mouvements circulaires. Comme j’aimerais vous toucher, caresser votre sexe jusqu’à vous soutirer de petits cris de plaisir, le lécher tout mon soûl, glisser mes doigts en vous… Vous vous mouvez gracieusement sur ma poitrine et malgré vos traits impassibles, je sens le plaisir monter dans votre corps, j’en sens les spasmes, j’en vois la rougeur. Vos fluides ruissellent sur mes seins et apaisent leur feu, votre chair tendre caresse mes mamelons à vif, vous jouissez sur moi si fort que votre eau me coule sur le ventre, dans le cou. Et vous ne cessez pas de me regarder avec un défi dans l’oeil, l’air de dire : Tu vois, je jouis quand je le veux… Et puis vous êtes agitée d’une série de spasmes plus forts et vous retombez un peu plus mollement, mais sans perdre votre superbe, vous vous asseyez sur moi après avoir joui en vous servant de moi.

Enfin, vous vous relevez. Je reste frémissante sur le sol, incapable d’étancher le désir que vous avez fait croître en moi. Vous avez un de vos sourires indéchiffrables et vous retournez entre mes jambes ouvertes. Cette fois, vous vous agenouillez et vous vous appuyez sur un de mes genoux. Vous êtes si près de mon sexe que vous pourriez le toucher. Mais pas encore. Pas avant de l’avoir contemplé, d’en avoir mesuré l’excitation. De votre index de la main gauche, enfin, vous touchez mon clitoris, qui va à la rencontre de votre doigt, gorgé de désir. Vous en faites le tour lentement, presque distraitement, et votre caresse me rend folle, je veux venir, si je ne jouis pas, je mourrai, j’en suis sûre. Alors, imperceptiblement, vos révolutions sur mon sexe s’intensifient, se font plus pressantes. Vous le touchez de plus près, vous le caressez avec plus de vigueur et, enfin, je sens le plaisir monter en moi et croître, mais je sais que ce n’est pas tout à fait le temps. Vous détachez la courroie qui retient le dilatateur en moi, mais vous ne le retirez pas de mon corps. Caressant toujours mon clitoris de votre main gauche, vous laissez le plug ressortir un peu de mon anus, puis vous l’y enfoncez de plus belle. Mes muqueuses endolories demandent grâce cependant que tout mon bassin s’ouvre sous cet assaut. Mon corps ne veut pas que cesse ce va-et-vient en lui, mon corps l’accueille de tout son coeur, de toute son âme. Sans cesser de prendre soin de mon clitoris, vous enfoncez ainsi le dilatateur plusieurs fois dans mon cul, sa surface texturée raclant mon anus, son bout arrondi s’engageant profondément dans mon bassin. Je gémis, je pleure, je tremble, je frémis, j’en redemande muettement sous mon bâillon, Vous me sodomisez avec le plug, vous me masturbez avec votre doigt, vous me dominez de votre présence, toutes ces sensations se mêlent et font naître une chaleur dans mon ventre, qui monte et monte et à la fin, je ne sais quelle partie de moi jouit le plus, mon clitoris qui se distend et se rétracte pour laisser gicler tout son jus, mon anus dont la brûlure se diffuse soudain dans tout mon bassin et le secoue, mon esprit, enfin, dominé par vous et qui jouit parce que vous existez.

Vous retirez très vite les pinces et mes lèvres brûlent de leur liberté retrouvée. Je reste ainsi une éternité durant, agitée de spasmes intérieurs et tout le sexe détrempé, bandant mes muscles autour de mon désir pour le retenir, secouée de frissons et de sanglots sous l’intensité de l’instant. Et je demeure là, sur le dos, ligotée, écartelée, avec vous qui tenez le dilatateur légèrement sorti de mon corps, qui avez toujours votre main posée sur ma vulve. Vous finissez par retirer le plug et mon anus se referme sur une absence maintenant étrange. Toujours de ces mêmes gestes posés qui vous sont propres, vous détachez mes poignets, puis mes cuisses, puis mes chevilles, et vous libérez mes seins. Ensuite, vous m’aidez à m’asseoir et je me redresse, un peu faible et chancelante. Vous vous asseyez derrière moi et passez vos bras autour de mon corps. Vous me tenez ainsi dans vos bras longtemps, murmurant des paroles apaisantes où revient souvent le petit nom que seule vous me donnez.

Toute reproduction interdite sans le consentement de l’auteure.
z.beline ©2003-2010

Vous pouvez aussi aller lire la version anglaise de cette nouvelle: Soumission.

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